dimanche 16 janvier 2011

Espoir tunisien

De l'autre côté de la Méditerranée, rares sont les moments qui laissent entrevoir une possible évolution démocratique des régimes. Pour retrouver une fenêtre d'espoir équivalente à celle que vient d'ouvrir la chute de Ben Ali, il faut remonter aux évènements d'octobre 1988 en Algérie ou à l'éviction de Bourguiba en novembre 1987. Mais le devenir de l'un et l'autre de ces pays, au cours des 20 dernières années, nous rappelle l'ampleur des défis à surmonter.

Le premier d'entre eux, le plus urgent, est celui de la refonte de l'appareil d'État. Avec un policier (ou apparenté) pour 100 habitants, l'hypertrophie des services de sécurité est manifeste. Au côté de la Birmanie et de la Corée du Nord, la Tunisie est l'un des cinq pays les plus répressifs du monde. La reprise en main par Vladimir Poutine de la Russie l'a montré, il ne saurait y avoir de démocratie viable à long terme là où la bureaucratie en charge du contrôle social constitue une force dominante au sein de l'état.

Second défi, celui de la victoire des forces démocratiques. L'éclatement de l'ex-URSS et la fin de la dictature du parti unique a plus souvent débouché sur de nouvelles dictatures, à l'exemple de la Biélorussie, que sur l'instauration de la république. La révolution d'octobre 1988 en Algérie a été suivie d'une victoire électorale islamiste, puis d'une guerre civile de 10 ans. Le processus a mettre en œuvre est donc délicat et la France, du fait de ses liens historiques, a un devoir d'accompagnement et d'assistance. Encore faut-il qu'il soit rempli sans arrogance, en se rappelant que ce week-end, une fille vient de succéder à son père à la tête d'un parti dont les valeurs anti-républicaines sont explicites, mais dont les idées recueillent l'assentiment de 26 % de nos concitoyens. En Tunisie comme en France, la démocratie n'est pas une donnée naturelle mais un combat.

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