Selon une étude récente, 58 % des américains en sont convaincus, "dieu a accordé aux États-Unis un rôle spécial dans l'histoire humaine". Trouvant ses racines chez Alexis de Tocqueville, l"exceptionnalisme américain est un composant clé de l'imaginaire politique outre-atlantique. On peut y voir du chauvinisme, ce qui n'est pas faux, mais gardons-nous de jugement trop hâtifs nous qui sommes si fière d'être la "patrie des droits de l'homme" (je vous laisse en parler aux Roms, par exemple).
Quelques temps délaissé du fait des usages qu'a pu en faire George Bush, le thème revient en force chez les républicains. Emboitant le pas à Sarah Palin, ils s'efforcent de s'en servir pour ouvrir un nouveau front dans la bataille culturelle contre la présidence Obama.
Point centrale de leur argumentaire, un intervention de Barack Obama en avril 2009 à Strasbourg. Interrogé pour savoir s'il adhérait, comme ses prédécesseurs, à l'idée d'exceptionnalisme américain, le président a répondu : "Je crois à l'exceptionnalisme américain, comme je soupçonne les anglais de croire à l'exceptionnalisme britannique et les grecs de croire à l'exceptionnalisme grecque". Alors que Newt Gringrich trouve les vues du président "vraiment alarmantes", Sarah Palin en déduit : "lorsque le président Obama affirme que tous les pays sont exceptionnels, il dit qu'aucun ne l'est, et encore moins le pays dont il a la tête".
En fait, tout cela n'a pas grand sens. Obama adhère comme tous ses prédécesseurs à une version policée de l'exceptionnalisme américain. Alors, pourquoi mettre en avant cette question ? La réponse est fournie par William Galston, ancien conseiller de Bill Clinton : C'est "une façon respectable de poser la question de savoir si Obama est l'un d'entre-nous". Sur que c'est mieux que les mensonges faisant du président américain un musulman ou un natif du Kenya. Mais l'objectif est le même, le désigner comme un mauvais américain.
La BD à la Télé…
Il y a 22 heures


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