lundi 5 juillet 2010

Créteil Soleil et le voile intégral

Avez-vous déja fait vos courses au Carrefour de Créteil ? Si l'on met de côté les queues interminables qu'on y subit, ce magasin est extraordinnaire. D'abord, on y trouve de tout, ce qui pour le bon mangeur que je suis est appréciable. Ensuite, on y rencontre des gens de toutes origines. Je suis toujours faciné d'y voir se côtoyer et s'entraider juifs pratiquants et musulmans pratiquants. Ailleurs dans la ville, ils semblent parfois s'éviter ou n'être reliés que par leurs enfants dans les parcs publics. Mais là, à Carrefour, on les retrouve unis et complices dans la consommation.

Alors que ce soir va s'ouvrir à l'Assemblée Nationale le débat concernant le voile intégral (pudiquement rebatisé projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public), je dois dire que le Carrefour de Créteil est le seul endroit qui m'a permis de côtoyer une femme portant un voile intégral (enfin, hors touristes et quartier des ambassades). Je dis côtoyer, parce qu'elle faisait la queue dans la file voisine de la mienne avec ses enfants et quelques amies (voilées, mais pas de façon intégrale). Reconnaissons qu'à l'exception de la spécificité vestimentaire de l'une d'elle, rien ne distinguait ce groupe d'autres groupes de femmes de toutes origines faisant leurs courses sans maris ou compagnons (étrangement, la difficile participation des hommes aux courses semble indépendante des origines ou des religions).

Bon, alors, pourquoi je vous raconte cela ? Parce que vous connaissez tous l'histoire agaçante quand vous faites la queue : une personne arrive aux caisses et reconnait devant vous un ami. Innévitablement une chaude fraternité se noue et se conclue par le rituel "je vais passer avec toi" de la part du nouvel arrivant. C'est ce qui est arrivé avec ma voisine voilée de la tête aux pieds qui s'est fait interpeler par une connaissance :

"Et, Brigitte, Brigitte, tu me fais passer avec toi !"

Bon, je vous laisse conclure ce que vous voulez. Maintenant, quand on à le sentiment de ne pas appartenir à un groupe, on a tendance à surjouer l'appartenance.

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