Il y a peu, la chasse aux dépenses était ouverte dans les ministères. Il fallait trouver 100 milliards en trois ans sans écorner le dogme sarkozien de la baisse d'impôts. A part éventuellement Frédéric Lefebvre, personne ne croyait vraiment que cela suffirait, mais il fallait s'agiter pour ne pas contredire le locataire de l'Elysée. Reste que même le prince doit s'incliner face au réel. Dans un geste de transparence envers son peuple, Nicolas Sarkozy a envoyé son secrétaire général annoncer aux traders anglo-saxons, via le Financial Times, le retournement de politique. François Fillon l'a confirmé samedi aux français, l'heure de la hausse d'impôts a sonné.
C'est donc assez logiquement qu'on retrouve François Baroin, ministre du Budget, à la manœuvre. L'objectif : récupérer entre 8,5 et 10 milliards en deux ans sur les niches fiscales. Du coup, une bien belle niche de 3 milliards d'euros par an revient sur le devant de la scène, la baisse de la TVA dans la restauration.
Mercredi, encore prudent, Baroin indiquait qu'elle faisait "partie des éléments de débat". Son collègue Hervé Novelli, secrétaire d'Etat à la consommation, réagissait dès le lendemain pour exclure toute remise en cause de cette mesure entrée en vigueur il y a un an.
Hier, François Baroin est revenu à la charge sans qu'on puisse dire si c'était l'envie ou le dépit qui prédominait dans son discours : parlant de "très, très grosse niche fiscale", il indiquait ne pas être "très heureux de voir se promener un truc à 3 milliards chaque année", allant même jusqu'à avouer "si on me laissait faire, je la mettrais dans le (coup) de rabot".
Le ministre du budget aura-t-il gain de cause ? Pas évident pour deux raisons. D'abord, difficile de se faire passer pour un bon gestionnaire quand on revient sur une mesure prise un an avant. la crise ou la gestion passée ne pourra servir d'excuse à l'incurie avouée. Ensuite, si les restaurateurs n'ont pas joué le jeu de la baisse des prix lors de la baisse de la TVA, qu'est-ce qui vous laisse espérer qu'ils ne répercuteront pas sur les prix la hausse de la TVA ?
Au final, revenir sur cette mesure reviendrait pour le gouvernement à avouer sa mauvaise gestion, mais aussi à la faire payer directement par les consommateurs. Il y a fort à parier qu'on préférera raboter des niches plus juste ou plus efficace économiquement mais moins risquées politiquement.
Bonne gestion, avez-vous dit ?

Oui, y'en a qui oublient que c'est le consommateur qui paye la TVA !
RépondreSupprimer@Nicolas Exact. Alors quoi, un prélèvement proportionnel sur les revenus des restaurateurs ? (mon dieu, hérésie, j'ai osé écrire cela ?)
RépondreSupprimerMoi je leur remettrais la TVA d’avant, plus un point supplémentaire pour foutage de gueule. L’immense majorité des restaurateurs, bistrotiers et autres gargotiers ont empoché le pactole sans rien redistribuer aux consommateurs. Allez, deux points de plus parce qu’en plus ils votent UMP !
RépondreSupprimer@Gwendal Pour le foutage de gueule, c'est sur. Après, dure la mesure. D'autant que vu qu'ils vont la répercuter sur les prix, ce sont les salariés qui n'ont pas d'autres choix que de déjeuner au restaurant le midi qui vont payer. Tiens, augmenter les tickets restos de 14,1 % sur la part patronale, en voilà une idée ?
RépondreSupprimerÇa, plus la TVA à 22,6 %, plus un gel des prix, plus une augmentation des salaires... Y'a pas de raison que ces voleurs ne payent pas pour leur manque de civisme !
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